Aujourd’hui, 2,7 millions de Français ont besoin d'un logement. Environ 1,5 million de personnes vont devoir rapidement quitter leurs habitations installées dans les zones les plus à risques (littoraux, zones artificialisées en bord de cours d'eau…).
Il faut pouvoir loger 4,2 millions de personnes, et nous disposons d’un parc de 7 millions de logements disponibles ou sous occupés sur le territoire français. La majorité des logements vacants (3 millions -source INSEE) se trouvent dans les villes moyennes et les villages. Les habitants des métropoles souhaiteraient, pour près des deux tiers, quitter les grandes villes. Ils seront encouragés à aller s'installer dans les villes moyennes et les petites communes, les villages et les bourgs. Notre objectif est l'optimisation de l'occupation du bâti existant et le rééquilibrage de la densité de population entre les métropoles et les territoires. C'est en densifiant les villes moyennes et les villages et non en amplifiant l'étalement urbain que nous devons construire les logements qu'il faudra nécessairement bâtir pour reloger les futurs sinistrés, victimes des crises à venir. L'Etat doit lancer, avec les territoires, un vaste plan de gestion de crise et de relogement pour faire face à ces migrations intérieures.
2-1 Optimisation de l'occupation du bâti existant pour atteindre le Zéro artificialisation brute.
2-2 Densification des villes moyennes, des villages pour y construire les logements supplémentaires nécessaires
2-3 Politique de planification pilotée par l'Etat pour réhabiliter prioritairement les logements vacants et les remettre sur le marché grâce à la mise en place d'une taxe prohibitive sur les logements vides.
2-4 Instauration d'une sécurité sociale du logement assurant 20m2 par personne par le biais d'un système de régie publique d'habitat collectif (cf 2-2 et 2-3).
2-5 Instauration de prêts à taux zéro pour l'achat de logements dans les villes moyennes et les petites communes, les villages et les bourgs.
2-6 Mise en place d'un système d’évaluation des besoins et des solutions adaptées : logements modestes, collectifs, à faible consommation énergétique, habitat partagé…
2-7 Soutien aux nouvelles formes d'habitat participatif, intergénérationnel, coliving, modulable, co-location...
2-8 Rénovation et isolation de tous les bâtiments prioritaires, du parc social comme du parc privé (passoires thermiques) sur fonds publics et par incitations fiscales.
2-9 Incitation fiscale forte à la location de chambres vacantes dans les logements sous occupés, notamment à destination des étudiants et des télétravailleurs.
2-10 Redéfinition du cadre juridique. Renforcer les manières d’accéder à la propriété (programmes d’achats du bien sans foncier), taxer la spéculation immobilière, ouvrir le débat sur les communs et le droit d’usage…
2-11 Imposer les diagnostics des risques (gonflement/rétractation des argiles, montée du niveau de la mer, zones inondables…) pour les nouvelles acquisitions.
2-13 Politique nationale de recherche pour trouver les moyens d'atténuer les effets du gonflement/rétraction des argiles sur les bâtiments et mesures ad hoc : débétonisation autant que possible + récupération des eaux pluviales et injection en continu au niveau des fondations ?
2-14 Mise en place de filières de production des matériaux bio-sourcés et géo-sourcés pour la construction et la rénovation (paille, chanvre, terres excavées, réemploi des matériaux…) Lever les freins réglementaires au développement de ces nouvelles filières.
2-15 Orienter les formations aux métiers du bâtiment vers les techniques résilientes (bio-sourcing, upcycling, matériaux locaux, ventilation mécanique, low tech, végétalisation, installation et maintenance de pompes à chaleur…)
2-16 Ajustement des offres de service publics à la croissance de la population.
Effet levier de la sécurité sociale du logement pour libérer une part du revenu consacrée aujourd'hui au logement et la rediriger vers l’alimentation, entre autres…